sdf

  • La face honteuse de l'Amérique

    Tous les yeux sont tournés vers Washington, où la Chambre des Représentants va voter l’impeachment du président Trump. Mais le New York Times révèle une face honteuse de l’Amérique : un camp de SDF en Californie est parmi les pires endroits au monde.  Pendant un mois, les reporters du plus prestigieux quotidien américain ont enquêté dans un camp situé à Oakland, en Californie, l’Etat le plus riche du pays.

    Leur enquête révèle une vérité terrifiante : à quelques km du célèbre Golden Gate, des Américains  vivent au milieu de tas d’immondices, infestés de rats, sans eau courante. Il y a plus de 125 000 SDF en Californie dans plus de cent camps. Selon le NYT, on devrait les appeler des camps de réfugiés. A perte de vue, des caravanes déglinguées, des voitures bonnes pour la casse, des baraques de fortune et des tas de débris. Les Nations Unies, révèle le NYT, « ont comparé les camps californiens aux bidonvilles du Pakistan du Brésil et du Mexique » ! Les témoignages font froid dans le dos : tel ce couple qui vit dans un vieux camping car de 50 ans ravagé par les rats. « C’est la fin de la route ». Ou cette Noire qui a échappé à un ouragan au Texas en 2017. Elle a subi des assauts sexuels et, la nuit, elle craint ces ombres qui visitent le camp. Ou cette mère d’une fillette de 8 ans, qui vit dans le camp depuis cinq ans. « Les SDF sont traités pire que des animaux. Quand quelqu’un trouve un animal, il le ramène chez lui et le nourrit. Quand quelqu’un voit un SDF, il appelle la police » Pourtant, la solidarité existe : les SDF ont des cuisines communes, des coiffeurs de fortune. Un résident fait même profiter ses voisins des toilettes de son club de gym !

    Le Parlement de Californie a dépensé des milliards de dollars pour les SDF, mais ils sont toujours plus nombreux à vivre sous tente ou dans des abris de fortune. Impossible de vivre à San Francisco où les loyers ont explosé. Ils ont abouti dans ce camp sans accès à des toilettes ou à une douche après qu’une tempête a détruit leurs maisons. Ils utilisent les toilettes du MacDo voisin. Quand il pleut, les rues sont envahies par la boue. Une pauvreté abjecte au coeur de l’incroyable richesse de la baie de San Francisco. Le pire, c’est la crainte d’être expulsé. Les autorités ont promis de fermer le camp - dégagez, dégagez ! Mais pour aller où ? La municipalité envoie régulièrement des pelleteuses pour déblayer les tonnes de déchets qui s’entassent dans les rues du camp. Pourquoi ? Pour ouvrir la voie aux pompiers, en cas d’incendie ! 

    Les reporters du NYT ont ensuite visité un camp de SDF à l’est de Mexico, trois fois plus grand. Ses habitants qui y vivent depuis des années ont construit leurs baraques de brique et de cartons, ils  vivent du tri des ordures.  Certains sont chauffeurs de taxi. Ils ont installé illégalement l’eau, l’électricité et des fosses sceptiques.  Ils ont même la TV par satellite. Comme en Californie, ce sont « des communautés du dernier recourt ». Les SDF en Amérique vivent comme ceux du Mexique  !

    Les SDF californiens n’en ont vraiment rien à faire de la bataille politique en cours à Washington. Quand on survit dans un bidonville face aux immeubles prestigieux de San Francisco, le sort du président Trump n’est vraiment pas leur souci ! Et pourtant, ils devraient ! Leur avenir est lié au sort du président et à sa politique sociale. Les statistiques affirment que le taux de pauvreté est tombé au plus bas depuis 2007. Ça fait encore 39 millions de pauvres, un Américain sur huit. Dans un des pays les plus riches au monde, l’espérance de vie diminue. Et ce sont les plus pauvres qui meurent tôt de maladie, d’overdose de médicament ou par suicide. Dans un pays où 28 millions des habitants (8.5%) n’ont pas d’assurance maladie, le président veut retirer la couverture maladie aux pauvres qui ne travaillent pas et leur limiter l’aide sociale, enfin restreindre l’aide alimentaire -  les fameux food stamps -  à ceux qui travaillent avec un petit salaire. 

    « I want to live in America », chantait Maria dans « West Side Story ». Aujourd’hui, dans l’Amérique de Trump, il vaut mieux être riche et en bonne santé que pauvre et malade. God bless America !

    Lien permanent Catégories : Air du temps 8 commentaires