Le cauchemar du 3 novembre

Mardi 3 novembre risque d’être un cauchemar pour l’Amérique. Ce sont des experts en sécurité consultés par le New York Times qui l’affirment. Si vous adorez les scénarios catastrophe, vous allez être servis ! Les électeurs désertent les urnes à cause du virus, les votes par correspondance ne sont pas décomptés, les réseaux sociaux sont envahis par des fake news, des hackers étrangers sèment le chaos. Résultat : l’Amérique ne saura pas qui sera son prochain président  : Donald Trump ou Joe Biden. 

Ces experts ne sont pas des rigolos. Ils ont été spécialiste en cybersécurité pour le Département d’Etat, Secrétaire à la sécurité intérieure, directeur de recherche à l’observatoire Internet à l’Université Stanford, conseillère du Département de la Défense, ancienne conseillère juridique du Département de la sécurité intérieure. Ils affirment que le show de l’élection présidentielle du 3 novembre ne se déroulera pas comme d’habitude : annonce des résultats Etat par Etat sur les chaînes de TV, déclaration d’un vainqueur, acceptation du vaincu et, enfin, discours du président élu. Aux USA, ce sont les médias qui donnent les résultats de l’élection, pas une source officielle ! Cette année, ce sera un bazar monumental : des résultats incomplets, des torrents de fausses nouvelles sur les réseaux sociaux et des bataillons d‘avocats des deux camps prêts à contester les résultats devant les tribunaux. Un remake en pire de l’élection en 2000 de George Bush face à Al Gore, après un mois de contestation devant la justice sur le recompte des voix en Floride. 

Selon les experts, tout laisse craindre que, le 3 novembre, ni Donald Trump ni Joe Biden ne seront élus. Pourquoi ? Parce que le système électoral américain est folklorique. Ce n’est pas le nombre de voix qui compte, mais celui des grands électeurs de chaque Etat, un système qui remonte au XVIIIe siècle ! Au pays des géants informatiques, l’élection présidentielle, c’est le règne du Père Ubu : les listes électorales peuvent être infectées par des virus informatiques. Des machines à voter sont en panne. Des votes par correspondance n’ont pas été envoyés par la poste. Des paquets de votes par correspondance n’ont pas été décomptés, faute de personnel. Des bureaux de vote sont fermés parce que les scrutateurs sont restés chez eux. Les bulletins de vote papier ne correspondent pas aux votes électroniques. 

Nos experts ont de l’imagination. Leurs scénarios prévoient une campagne orchestrée sur les réseaux sociaux, qui proclament que ce sont les hackers chinois qui ont faussé les résultats en faveur de Joe Biden. Un virus informatique qui a infecté les listes électorales, impossible de vérifier l’identité des électeurs. Un tsunami de fausses videos qui montrent des machines à voter en panne, des queues d’électeurs hurlant devant des bureaux de vote. Des présentateurs TV affirmant qu’il faudra des semaines avant de décompter les bulletins de vote. Des réseaux sociaux affirmant que le vote sera possible un jour de plus dans certains Etats. Des électeurs attendant 10 heures avant qu’on leur demande de revenir plus tard. Un cauchemar, on vous dit ! Les experts proposent aussi des solutions, deux mois avant l’élection. D’abord, débloquer des fonds fédéraux pour sécuriser les systèmes informatiques, en les isolant d’Internet. Maintenir une « cyberhygiene » en limitant les accès aux listes électorales, en surveillant les comportements suspects et en copiant les fichiers sur papier. Organiser la lutte contre la désinformation en faisant collaborer les chercheurs, les journalistes, les autorités locales et les réseaux sociaux. Promouvoir les sites officiels comme seules sources fiables d’information. Recruter massivement des assesseurs dans les bureaux de vote parmi les étudiants, les fonctionnaires municipaux et les salariés. Il reste moins de deux mois pour sauver l’élection du désastre. Il faut une vraie volonté politique.  Mais ça paraît mal parti : comment mettre à jour les listes électorales quand 190 000 Américains sont déjà morts du virus et qu’il en meurt plusieurs centaines par jour ? Comment débloquer de l’argent, alors que Républicains et Démocrates s’écharpent sur la gestion du Covid-19, que le président Trump a déjà prévenu qu’il était contre le vote par correspondance et qu’il ferait recours s’il était battu ? Il faut écouter le scénariste argentin Quino : « Le pire, c’est quand le pire commence à empirer ». 

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